Ecole de la rue Darwin, en fait, j'aurais dû écrire : Ecole de la rue "Darvin"... En effet, qui, dans le quartier de Belcourt prononcait Darwin à l'anglaise ? Bien peu de monde autant qu'il m'en souvienne, et celui qui l'aurait fait serait passé pour un original...
Dans les années 50/60, le directeur était M. Maurice Riche, un homme âgé aux cheveux blancs, d'origine alsacienne. Avant l'Algérie, Il avait vécu à Madagascar. Il lui arrivait parfois de s'emporter contre la légèreté avec laquelle nous traitions la langue française. Ainsi, il s'offusquait de nous entendre parler de notre "mémé" ou de notre "pépé", Grand-père et Grand-mère auraient été plus convenable. Mais le pire arriva lorsqu'il lut sur une ardoise affichée par un commercant du quartier : "Le cordonnier a été mangé"... Prenant à témoin toute la classe, il nous demanda si l'artisan avait été mangé... par un lion ?
On se souvient des instituteurs et institutrices :
L.D.
Novembre 2007
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Jean Claude Blanc se souvient,
Les Anglo-américains partis, la réouverture de l'école a lieu en Octobre 1944, j'entre au cours préparatoire.
Monsieur Riche est arrivé en Octobre 1948 et je fis partie de son premier CM2. Il avait trois enfants, deux filles encadrant un garçon. La cadette (Catherine) était de mon âge (née en 1938), elle fréquentait l'école de la rue Auguste Depeille. Madame Riche était professeur de Physique-Chimie au lycée Gautier. Ils arrivaient de Madagascar et nous étions éblouis par les histoires qu'ils nous racontaient sur cette terre lointaine. Je le revis une dernière fois en 61, il était toujours au même poste. Il était logé sur place au 3° étage, à coté de la classe du CM2.
La concierge était Madame Thuriez. Les instituteurs de mon temps : Monsieur Van Eck au CM1, et Monsieur Chebreck au CE 2. Ce dernier habitait rue Julienne au N° 15 ou au N° 17, il était marié à une Suissesse. Il eut quelques problèmes relationnels avec M. Riche et Mme Thuriez et fut muté rue Aumerat. Il possédait une "lanterne magique" et je me souviens des séances de projection. Pour les autres instituteurs, ma mémoire s'efface mais je sais qu'il y eut un Monsieur Debraque.
Logé à l'école, Monsieur Riche surprit un élève en train de faire ses besoins, dans la rue, contre l'école. Le coupable, surpris, dû emporter son "œuvre" avec les mains. Le lendemain, son père le ramena en classe, bleu de coups... Les déjections cessèrent, comme par enchantement. Aujourd'hui, l'école est repeinte et bien blanche, les mosaïques sont toujours là sur les piliers du préau. Ainsi va la vie...
Jean Claude Blanc.
Juin 2008
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Je fus chargé de la classe du CM1 à l'école de la rue Darwin, d'octobre 1959 à juin 1960. J'y ai passé mon CAP d'instituteur en janvier 60. L'inspecteur était M. Botella. J'ai gardé un souvenir merveilleux de mes trente cinq élèves.
Le meilleur souvenir de Monsieur Riche, Directeur de l'école, m'habite. Je lui ai rendu visite fin avril 1961 à ma sortie de l'école d'Officiers de Cherchell. Je l'ai trouvé désemparé, profondément affligé par la situation : mon successeur avait été assassiné en novembre 1960, sur les marches de l'entrée de l'école. Je me souviens très bien aussi de M. Alyani, et de Mme. Armand.
Que sont devenus, nos collègues, nos élèves à qui nous nous sommes dévoués ? Mes trente cinq élèves du CM1 m'ont donné un bonheur immense: TOUS ont réussi à l'épreuve de maths et à celle de français de l'examen d'entrée en sixième, fin juin 1960. Je ne leur ai rien dit, ils savaient tout... J'avais demandé à Monsieur Riche de m'en communiquer les épreuves.
Ma vie entière j'ai pensé à eux. Et chaque fois que l'on m'a demandé si je ne retournais pas en Algérie, j'ai répondu: "Si j'y retourne un jour, ce sera pour nos tombes et pour retrouver mes anciens élèves."
Nous avons perdu notre beau pays, et bien plus encore, tous nos liens.
Avec mes meilleurs sentiments de Pieds-Noirs, et d'ancien "instit". (ancien élève de Kouba, de St. Joseph d'El-Biar, Ancien instituteur de Cap Djinet-Grande Kabylie, de Gambetta et de Darwin à Alger).
Edmond Huillet.
Novembre 2008.
Cette carte -réalisée fin décembre 1959- était de la grandeur de la carte Michelin, plus la zone "légendes" au bas. L'élève disposait de deux fils électriques, un dans chaque main, et recherchait l'objet de son choix sur la carte... et, simultanément, le titre associé en zone "légendes"; il agissait par contact sur les plots en laiton. En cas d'exactitude, l'ampoule en haut à gauche... s'éclairait !
Si la géographie de l'Algérie avait été au programme du CM1, ç'eût été la carte de l'Algérie. A l'époque des billes, des noyaux d'abricots... ça a marché !... au profit de la connaissance... et pas une minute de perdue en classe.
Les temps ont bien changé. Mais que sont-ils devenus, mes chers élèves? Pour eux et le souvenir ému que j'ai gardé de cette année scolaire 1959-1960.
Edmond Huillet.
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Quelques rues autour de l'école Darwin (cliquer sur le plan)