
Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point
assez aimés à l'heure passagère,
que je voudrais leur rendre de loin
le geste oublié, l'action supplémentaire !
Revenir sur mes pas, refaire doucement
- et cette fois, seul - tel voyage,
rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc...
Rainer Maria RILKE (1875-1926)
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Vous êtes né à Belcourt et vous y avez vécu...
Alors, nous nous sommes peut-être croisés rue de Lyon, en allant chez le mozabite "Le Cygne blanc"... A moins que nous ayons dégusté ensemble une patisserie de chez Guisto, ou encore bu une limonade à la terrasse du "Palais de la bière". Ou bien, avons nous vu, installé cote à cote, "Autant en emporte le vent" au cinéma "Le Roxy".
Se souvenir du Belcourt des années cinquante, soixante... et essayer d'en retrouver la trace dans le Belcourt d'aujourd'hui...
Luc Demarchi - Novembre 2007
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Voici deux photographies de la rue de Lyon, à hauteur du numéro "94". La carte postale date certainement des années 50. La vue de droite, elle, a été prise en 2006. Tout a changé, pourtant l'observateur attentif remarquera un détail anecdotique : Arrimé à la facade, le panneau publicitaire qui appartenait aux Etablissements ROLANDO (photographe très connu des Belcourtois de l'époque) est parvenu à traverser le temps, mis à part les les lettres K.O.D.A.K. qui ont disparu...

Le logement familial se situait au 94 de la rue de Lyon. On se souvient des commerces de l'époque, situés juste en dessous : Le bureau de tabac "La civette", les "chaussures Roig". Aujourd'hui, Les vendeurs à la sauvette s'installent sur les trottoirs...

et occupent jusqu'aux entrées d'immeubles.

On remarque un espace entre les deux patés de maison. A l'époque, il était possible de traverser pour se retrouver rapidement sur le Boulevard Auguste Comte. On appelait ce passage - comparable à une traboule lyonnaise - : "la ruelle". Au fond, on distingue l'église Ste Rita. Il semble qu'actuellement cette ruelle soit obstruée.


L'église Sainte Rita située Boulevard Auguste Comte.
Historique de l'édification de cette église

Souvent, il suffisait de gravir une montée d'escaliers pour accéder à une cour intérieure. Les enfants de l'immeuble et leurs camarades du quartier, se retrouvaient là pour jouer. Espace de jeux appréciable car beaucoup ne partaient pas en vacances et n'avaient jamais vu la France avant l'année 1962.

Combien d'attaques d'indiens courageusement repoussées, combien de bisons marqués au fer et de chauvaux sauvages attrapés au lasso... Plus de quarante ans ont passé, mais les enfants se plaisent toujours à jouer dans la cour. Comme à Naples, le linge pend au blacon.


Pose insolite, presque comique, photo hors du temps. 1930 - 2005 : L'immeuble a terriblement veilli, mais il tient toujours.

L'école Sainte Chantal


Toujours la rue de Lyon, en avançant vers le cinéma "Le Musset", arcades à l'angle de la rue Lamarck. Déjà vétustes en 1960, les petits immeubles du quartier se sont beaucoup dégradés tout au long des années. Crépis, balcons et facades paient le lourd tribu du temps qui passent. Mais le manque d'entretien et les effets du dernier tremblement de terre ajoutent encore au délabrement des lieux.
Le promeneur qui emprunte les rues d'Alger se retrouvera souvent sous des arcades. Voici, à trois époques différentes, les arcades qui terminent la rue de Lyon au niveau du rond point du champ de manoeuvres avec à droite, la rue Margueritte.



Les deux photos ci dessous ont été prises à 50 années d'intervalle. Il s'agit de des arcades de la rue de Lyon situées à hauteur du Boulevard Villarey Joyeuse.


Le promeneur attentif ( l'étions nous suffisamment lorsque nous vivions là bas ? ) remarquera, à hauteur du N° 130 de la rue de Lyon, un petit immeuble qui possède un certain cachet. On peut lire sur le fronton d'un passage en arcade qui donne vers la rue marey "BELCOURT-VILLE", ainsi qu'une année "1882", sans doute celle de la construction. De plus, différentes scluptures symboliques ornent la facade. Retrouverons nous un jour l'histoire de cette construction ?
Je remercie M. Amine Cherf pour avoir pris le soin de nous faire parvenir ces photographies. En outre, à propos de la rue de Lyon et du quartier de Belcourt, il attire notre attention sur les points suivants :
"Les couleurs du club local de football ( le CR BELCOURT devenu le CR BELOUIZDAD ) sont le rouge et blanc et de nos jours nous voyons fleurir dans les tribunes du stade municipal du Ruisseau l'étandard canadien porté par les supporters belcourtois. On remarque également ce drapeau canadien peint sur quelques facades. Est-ce un hasard ?"

