"Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient."

Arthur Rimbaud. (Une saison en enfer).

La terrasse

Il me reste si peu de choses… Un petit noeud aux quatre coins d’un mouchoir, et ça vous faisait un chapeau tenant sur la tête tout le jour durant, comme par miracle. Une grand-mère attentive veillant à humidifier le tissu quand il le fallait, et ça suffisait à vous protéger de l’insolation. La vieille femme devait tenir cette pratique de ses ancêtres napolitains (...)

Le professeur d'anglais

Je ne me souviens pas avoir jamais vu Monsieur Perez lever la main sur un élève. Pourtant, dés qu’il franchissait la porte de la classe, une vague de silence l’accompagnait. Déferlant du premier jusqu’au dernier rang, ce tsunami noyait tout sur son passage; conversations, rires, jusqu’aux moindres chuchotements. (lire la suite...)

El Mansour

Que fallait-il emporter ? Le linge plié dans les armoires ou mes livres « rouge et or » rangés sur l’étagère. Les photos de classe avec tous ces camarades qu’on ne reverrait pas ou celles du mariage des grands-parents. Tout semblait précieux et dérisoire à la fois, les chaussures, les ustensiles de cuisine, les guirlandes du dernier Noël. (lire la suite...)

Les petits trains de la rue de l'Union

Dans le quartier de Belcourt à Alger, à l'angle de la rue de Lyon et de la rue de l'Union, une petite boutique aux merveilles attirait irrésistiblement grands et petits. Il faut dire qu'elle offrait aux regards des passants le spectacle toujours magique des trains électriques miniatures. (lire la suite...)

Jeu d'enfant - Un souvenir que mon frère avait oublié...

Le soir venu, on déployait le lit et la salle à manger se transformait en chambre à coucher improvisée. Nous étions heureux tous les deux de cette relative indépendance. On en profitait pour chuchoter tard dans la nuit malgré les remontrances du père qui lançait de temps à autre depuis la chambre du fond : « ça suffit là bas… ». (lire la suite...)

Albert Baptistin

Il avait une façon de toucher bois, métal, ou cuir qui réveillait la matière. Elle se donnait à lui sous ses caresses. Il dialoguait avec elle. Sous ses doigts d’expert, le bois se polissait, le métal se redressait. Jamais le clou n’échappait au marteau. Le trait de scie progressait droit dans le bois sans une hésitation, sans une bavure. (lire la suite...)

Le potager

L’instituteur à demandé :

- Qui peut me dire ce qu’est un potager ?

Pour une fois, il a levé le doigt, lui qui n’aimait pas l’école et ne parlait jamais, timide, effacé, se tenant à l’écart de ce monde qu’il craignait et où il se sentait toujours étranger. Il faut croire que ce jour là, le signe du bonheur s’était soudainement allumé en lui. (lire la suite...)